Les cabinets d’avocats, cibles de choix
Un cabinet d’avocats concentre des données parmi les plus sensibles qui existent : stratégies de défense, documents financiers, pièces judiciaires, informations personnelles des clients. Pour un cybercriminel, c’est une mine d’or.
Pourtant, la plupart des cabinets fonctionnent avec une informatique minimale : un NAS, quelques postes, une box internet grand public. Pas de pare-feu, pas de segmentation, pas de politique de mots de passe.
1. Les emails non chiffrés
Les échanges entre l’avocat et son client transitent souvent en clair. Un simple email intercepté peut compromettre toute une affaire. Les pièces jointes confidentielles circulent sans protection.
Ce qu’il faut faire : chiffrement des emails sensibles, utilisation d’une messagerie sécurisée, ou a minima un portail client chiffré pour l’échange de documents.
2. Le Wi-Fi du cabinet ouvert à tous
Clients en salle d’attente, collaborateurs, stagiaires — tout le monde partage le même réseau. Un client connecté au Wi-Fi peut potentiellement accéder aux dossiers partagés du cabinet.
Ce qu’il faut faire : deux réseaux séparés. Un réseau dédié aux postes du cabinet, un réseau invités isolé. Deux SSID, deux niveaux de sécurité.
3. Les sauvegardes sur le NAS du bureau
Le NAS est pratique mais s’il est sur le même réseau que les postes, un ransomware chiffre tout d’un coup — postes ET sauvegardes. C’est le scénario classique.
Ce qu’il faut faire : sauvegarde externalisée, chiffrée, hors réseau. Testée régulièrement. La règle 3-2-1 : 3 copies, 2 supports différents, 1 hors site.
4. Aucune gestion des accès
Le stagiaire a les mêmes accès que l’associé fondateur. Les anciens collaborateurs ont encore leur mot de passe actif. Personne ne sait qui accède à quoi.
Ce qu’il faut faire : des comptes nominatifs, des droits d’accès par rôle, une désactivation immédiate au départ d’un collaborateur. Le principe du moindre privilège.
5. Le secret professionnel sans les moyens techniques
Le secret professionnel est une obligation déontologique. Mais sans mesures techniques, c’est une promesse vide. Un cabinet qui ne protège pas ses données met en danger ses clients et sa responsabilité.
Ce qu’il faut faire : un diagnostic de l’infrastructure, la mise en conformité RGPD, et des mesures adaptées à la taille du cabinet.
Conclusion
La sécurité informatique d’un cabinet d’avocats n’est pas un luxe, c’est une obligation professionnelle. Un diagnostic rapide permet d’identifier les failles et de les corriger sans bouleverser le fonctionnement du cabinet.